Le Conseil Européen des Syndicats de Police (CESP) – une organisation non gouvernementale internationale (OING) auprès du Conseil de l’Europe, représentant 300 000 policiers de 16 pays (dont 13 sont membres de l’Union Européenne) – a tenu son Comité Exécutif à Bucarest les 7 et 8 octobre 2016.

« SYNDICALISME CONTEMPORAIN   – PROBLEMES SOCIAUX ET PROFESSIONNELS DES AGENTS DE POLICE »

 Etre Policiers dans le monde contemporain nécessite plus que d’autres une attention particulière car ils n’exercent pas un métier comme les autres.

En effet, la dangerosité, l’exigence d’une disponibilité sans limite, l’exposition constante à la violence physique et morale expose de façon notable les agents aux risques psycho sociaux. Par ailleurs, le contexte géopolitique des sociétés européennes aux radicalités et au terrorisme exige plus encore un professionnalisme exemplaire. Le syndicalisme contemporain se pose comme une solution aux problèmes sociaux et professionnels des agents de police. Ainsi, pour ce faire le syndicalisme doit à la fois être le défenseur des intérêts individuels et collectifs tout au long de la carrière des agents et s’ériger comme force de contradiction et de proposition.

  1. Défense des intérêts individuels et collectifs
  1. L’exigence des principes républicains

Aucune action n’est possible sans la reconnaissance préalable des principes fondateurs de nos valeurs : la liberté, la démocratie, l’égalité sociale,  la laïcité.

  1. Les intérêts individuels des policiers

Les difficultés d’exercer le métier doivent être abordées d’un point de vue syndical en considérant d’abord l’agent dans son individualité. Ce sont des femmes et des hommes qui sont dans le cœur de métier avec des conséquences familiales et sociales indéniables.

  1. Le parcours de carrières

Le syndicat intervient tout au long de ce parcours depuis la nomination de l’agent jusqu’à son départ à la retraite (Avancement, mutation, notation, discipline)

  1. Les conditions de travail

Il s’agit des questions relatives à la protection de la santé de l’agent en organisant structurellement les conditions d’exercice (locaux, missions, qualités de l’agent)

  1. La protection juridique

L’agent doit se protéger à la fois des dérives de l’administration sur sa situation par exemple en cas de faux disciplinaire, et la protection contre les dénonciations mensongères et calomnieuses. Le syndicat est là pour assister l’agent lors de ses difficultés.

  1. Les intérêts collectifs

L’action syndicale doit défendre l’évolution d’une profession à travers tout ce qu’elle comporte de spécifique.

Ce métier appelle des règles dérogatoires au droit commun. La pénibilité de son exercice confère au syndicalisme policier une exigence particulière ( retraites, salaires, statut, indemnitaire etc ….)

  1. Force de contradiction et de proposition
  1. L’exigence de l’autonomie et de l’indépendance de l’organisation

Pour asseoir son efficacité et sa crédibilité il est impératif que le syndicalisme soit exercé en toute indépendance du pouvoir politique en place. C’est une exigence qui prévaut également à l’égard des courants religieux et philosophiques.

L’autonomie s’entend par une indépendance financière qui garantit la liberté d’organiser sa politique en fonction des attentes des adhérents en dehors de tout dogme politique ou syndical.

  1. Force de contradiction

Cette indépendance est nécessaire pour être force de contradiction. Dès lors que la démocratie induit le débat, l’organisation syndicale doit se poser en contre-pouvoir objectif et pragmatique.

A titre d’illustration lorsqu’un gouvernement veut imposer un régime de temps de travail qui ne correspond pas aux réalités opérationnelles des agents.

  1. Force de proposition

Pour être légitime une organisation doit accompagner la contradiction de réelles propositions. Elle doit s’imposer en qualité de visionnaire et comme partenaire dans la parité.

Elle participe ainsi à l’élaboration de mesures qui correspondent le mieux aux attentes des policiers.

La spécificité du métier place le syndicat comme le premier interlocuteur de l’Etat. Le dialogue social avec les professionnels doit s’imposer. Sans cela les gouvernants auraient la tentation de l’arbitraire et seraient coupés des réalités de terrain. Ceci est d’autant plus vrai que les policiers sont les garants des libertés individuelles et collectives d’un Etat démocratique.

L’œuvre qui est la nôtre est de contribuer collectivement à l’élaboration d’un vrai syndicalisme contemporain.

Le CESP s’inscrit parfaitement dans cette démarche parce qu’il reconnait d’abord les valeurs fondamentales de la démocratie mais également en conservant les spécificités de chacun de ses membres, il collabore à l’émergence d’une politique globale de la sécurité européenne.

 

6-9 Octobre

Bucarest (Roumanie)

en_GB
fr_FR